Le film préféré de la chancelière

La Filmakademie de Berlin a interrogé plusieurs personnalités du monde politique sur leurs goûts en matière de cinéma.
Angela Merkel a déclaré que son film préféré était :« Die Legende von Paul und Paula » , un film de Heiner Carow , sorti en 1974.
Tout sur ce film (en allemand) ici
Court résumé du synopsis en français ici
C’est d’ailleurs dans ce film que les Puhdys , qui en avaient composé la musique se sont fait connaitre.
Geh zu ihr
Source :

Le film Die Legende von Paul und Paula , première partie.

Avoue Michelmau que malgré tes dires tu l’aimes bien ta petite Angie; :heart: . Non, bien sûr je ne parle pas de celle des Rolling stones. En tout cas bravo à la Filmakademie de Berlin d’avoir l’air de rien trouvé un bon moyen de promouvoir le cinéma Outre-Rhin en Allemagne même s’il s’agit de films très anciens au parfum très rétro

Pas sûr que notre Président Hollandais, déclare compter parmi ses films préférés les Valseuses surtout à cause Gérard Depardieu…Une question que je me pose, François Hollande aime-t-il le cinéma?

Bon sinon, pour être plus sérieuse:
Aucun rapport entre les deux films « Paul et Paula » et les « Valseuses » si ce n’est l’époque,et mon envie de faire une boutade entre nos deux représentants .

Mais je peux comprendre que la chancelière Merkel ait aimé ce film, ne serait-ce que par regard nostalgique envers sa jeunesse… 74 c’était aussi l’année de ses 20 ans… Par contre le film, j’avais ne pas l’avoir regardé jusqu’au bout…Ca m’a fait un peu chi----- mais comme chacun sait coup et douleurs ne sont pas à partager et une info sur le ciné allemand, c’est jamais de refus … J’ai sans doute été trop vite. Sans l’aide de sous titres pour aller à la découverte d’un film aussi ancien, même avec d’autres indications, il faut savoir se donner du temps. J’aimerais savoir ce que toi, Michelmau tu as pensé du film ?

Ah Paul (Zuckerwatte) et Paula (Liebesapfel) : mission accomplie film regardé en entier,
Je ne la savais pas aussi Fleur Bleue, Angela Merkel. Mais mis à part les films de propagande officielle, j’imagine qu’en RDA, les gens ne devaient pas avoir un choix cinématographique immense.

Je reviens au film :Il sent vraiment les années 70, les Pat def’ (les pantalons pattes d’éléphants) sans oublier les fleurs, les jolies jeunes femmes aux seins nues, pas vraiment fidèles, et les slows langoureux . Oh là, là, là!!!, mais n’oublions pas nous sommes en RDA.
Les deux acteurs vedettes dont je viens de regarder le nom, étaient tous les deux mignons à souhait.
Winfried Glatzeder et Angelica Domröse.

Quand-même, ce Paul, quel jeune homme étourdi : Non seulement il oublie souvent ses clés, mais en plus à cause de cela, il se retrouve dans le lit de Paula. Et la P’tite Dame, maman célibataire qui doit expliquer cela à ses enfants. Et c’est pas tout, le Paul il est obligé de demander une hache à la voisine d’à côté pour ouvrir la porte de chez sa Belle, donc Paula, et lui déclarer sa flamme. Pour ceux qui seraient tentés, ne serait-ce que par le côté historique, je n’ai pas tout dévoilé, et j’arrête de me moquer. C’est pas du grand cinoche, mais c’est süss comme la Barbe à Papa et les Pommes aux Sucres des fêtes foraines. C’était déjà pas si mal dans un pays qui n’avait de République Démocratique que le nom, et où le film passait déjà pour être subversif :wink: :wink:

Cette vision de valdok de ce que pouvait être la vie en RDA me laisse un tantinet rêveur… C’est quoi, des films de propagande officielle ? Tous les films qui n’étaient pas passés à la trappe comme « Das Kaninchen bin ich » ou « Die Spur der Steine », réhabilités après la réunification ? Ah oui, c’est vrai, valdok se proclame Parisienne, et ne connaît de l’Allemagne que Munich, ou à la rigueur Berlin-Reinickendorf.
La RDA, c’était autre chose que ces idées reçues. Un pays où le système D régnait en maître, et où un p’tit Frantzouse perdait rapidement son innocence. Et n’oublions pas, comme l’indiquait un panneau à la frontière, que « là-bas », c’était aussi l’Allemagne… Et l’on pouvait voir aussi des productions occidentales, faut pas croire !

@Qelle mouche t’a piqué Andergassen, je n’ai jamais prétendu connaître l’ex-RDA et pour cause, avant la chute du mur, je n’avais pas le droit d’y aller.
J’ai regardé le film et j’ai dit ce que j’en ai pensé. Je n’ai pas la prétention, de tout savoir et de tout connaître.Mon sport favori n’est d’ailleurs ni la critique stérile ni la polémique.
La vision rêveuse ou plutôt cauchemardesque que j’ai de l’ex-RDA m’a peut-être été inspirée de personnes qui avaient vécu là, tu ne crois pas ?
De très brèves discussions avec Suzanne Schädlich ou Karsten Dümmel et surtout de longues discussions avec un ami de 78 ans ex Allemand de l’Est,qui vit à présent en Suisse Alémanique et qui d’ailleurs a bien connu les parents de S Schädlich. Je ne connais pas la RDA mais je ne suis pas si sûre que tous les coins ou que tous les gens comme tu le prétends avaient tous aussi si facilement accès aux programmes de l’Ouest.
Par contre je te rassure, Munich je n’ai jamais mis les pieds à la Fête de la bière, Ottobrunn c’est pas vraiment touristique et pour me détendre entre amis je préfère Lilienthal à Berlin.

Mais le sujet du thread ce n’est pas moi, mais les goûts cinématographique de la chancelière, alors changeons un peu de sujet.

Une question cependant : c’est quoi un petit Frantzouse, t’es Français il me semble, non ? si tu fais allusion à ton vécu en RDA, un témoignage peut-être intéressant à partager.

Et puis, je suppose que la RDA avait accès à toutes les productions de l’Est, en tout cas ? Le cinéma soviétique est extrêmement riche et prolifique (et non, pas qu’en propagande !)

Se faire une idée du quotidien de la RDA en rencontrant 3 personnes sur 17 millions d’habitants me semble très représentatif.
Quant à Paul et Paula, il n’est pas étonnant que ce soit un des films favoris de la chancelière. Comme beaucoup de jeunes de son âge, elle a été très marquée par ce film qui apportait un vent de fantaisie et de fraîcheur qui répondait aux aspirations de la jeune génération. 1973, c’est aussi l’année du festival international de la jeunesse à Berlin, un événement très marquant. Le Traité sur les bases des relationsa deux ans, et les années 1972-73 voient la RDA reconnue par la majeure partie des Etats occidentaux. Cette reconnaissance dans le concert des nations se manifeste notamment dans la première participation d’une équipe indépendante de RDA aux JO de Munich en 1972. Dans les années 70, le cinéma est-allemand fait la part belle aux aspirations de la jeunesse et à ses problèmes.
Cette politique de « dégel » sera brève, elle prendra fin avec l’affaire Biermann en 1976, avec un nouveau serrage de vis et une reprise en main des intellectuels et des dissidents.
Quant à la production cinématographique de l’Est, surtout soviétique, elle était surtout présente avec des productions qui connaissaient aussi un certain succès à l’ouest.

On se fait tous une idée d’un pays à partir d’une petite dizaine de personnes rencontrées. C’est toujours partial, même si on a la chance de rencontrer des gens d’horizons très divers.
Andergassen, tu devrais écrire un bouquin avec ce que tu as vécu. Cela ne donnera aussi qu’une idée de ce qu’était la RDA, mais je pense que ce serait un témoignage très intéressant. Pour tes vieux jours ?

Non, Lalilou, ce serait peine perdue. On me l’a déjà fait comprendre, déjà à l’époque suivant la chute du mur. Le destin de cette poignée de desperados aux fortunes diverses était tellement abracadabrantesque, comme aurait dit Chirac, que personne n’y croirait. Ah, si j’avais été l’interprète personnel de Honecker, ça aurait eu de la gueule. Mais nous étions une sorte de franc-maçonnerie dans l’ombre. Aucun formulaire n’était prévu pour notre cas, on se contentait de faire des demandes de permis de séjour sur les formulaires standard pour touristes. A la frontière, les garde-frontières hésitaient sur notre statut, mélangeant résidant permanent et temporaire, entrée et sortie, ce qui donnait des situations rocambolesques après coup, mais pouvant être dramatiques sur le moment (je me suis par exemple retrouvé piégé en RDA dépourvu de tout document prouvant que j’y étais entré légalement, par chance, j’étais en bons termes avec la capitaine du poste de police et l’affaire s’est arrangée, mais allez donc justifier l’absence d’une Zählkarte (carte de recensement) dont l’importance dépassait de loin celle du simple passeport !). Je ne suis pas un Sarkozy qui pouvait prétendre, après coup, être présent « par hasard » lors de la chute du mur de Berlin le 9 novembre. On veut toujours du dramatique, de la persécution, du saignant, mais le quotidien au jour le jour, les petites joies, les petits rien qui empoisonnaient ou embellissaient l’existence, ce n’est pas ce qui intéresse un public avide de sensations.

Trois personnes pour se faire une idée, c’est vrai c’est peu

KH, 78 ans, mon ami, je ne dirais rien plus sur lui. Mais il n’a pas cherché à faire du sensationnel lorsqu’il a fui la RDA, pas plus que ses parents n’ont cherché le sensationnel quand ils ont subi le nazisme et l’occupation russe.

Karsten Dummel :

http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/Le-Dossier-Robert.html

Susanne Schädlich : jeune écrivain dont le père, le célèbre écrivain, Hans Joachim Schädich a été trahi par son frère,et qui avait signé la pétition contre l’expulsion de Rolf Biermann.
Goethe-Institut UK: Language. Culture. Germany..

Bonne soirée

Pour en revenir au film lui-même ;à propos de « La légende de Paul et Paula - film culte »

Traduction :

Après la fuite des deux acteurs principaux vers l’ouest au début des années 80 , la film n’a plus été montré à la DDR - Fernsehen.Il était courant de gommer ainsi ceux qui étaient passés de l’autre côté de l’inconscient collectif.On pouvait , néammoins , le voir encore programmé occasionellemnt dans certains cinémas.En 1993 , à l’occasion du 20ème anniversaire du film , « la légende de Paul et Paula » eut droit , en présence de ses acteurs principaux et des Puhdys (auteurs de la musique ) à une nouvelle « première » et fut , à nouveau , programmé dans les salles de cinéma. Le film eut un énorme succès en Allemagne de l’est , devint un film culte et fut à l’origine , entre autres, de la vague d’ « Ostalgie » des années 90. Un morceau de rive du Rummelsberger See , à Berlin , là où fut tournée la scène de la péniche (Frachtkahn) porte depuis 1998 , le nom de rive de Paul et Paula.Il existe même depuis 1998 , un banc de Paul et Paula.
Dans le film "Sonnenallee " de Leander Haußmann , on peut même apercevoir , sur une sonnette de porte d’entrée « Paul und Paula ».Micha , le personnage principal de « Sonnenallee » croise dans l’escalier Winfried Glatzeder qui disparait derrière cette porte.
L’album :"die Suche geht weiter , paru à l’automne 2008 " du duo berlinois Rosenstolz s’ouvre sur le titre ;https://www.youtube.com/watch?v=ZAtC7vPcCV0 « ich bin mein Haus » dont l’intro est reprise de la musique du film « la légende de Paul et Paula ».

C’est ça aussi un bon film ( voir aussi , en France, les films de l’époque du Front Populaire )et pas seulement une oeuvre projetée dans des salles d’art et d’essai devant une poignée d’intellos avec débat à la suite. :confused:

Au fait , avez-vous remarqué que Eva Maria Hagen , mère de Nina et grand mère de Cosma Shiva , figure au générique du film ?

A la question

:wink: :wink: et puisqu’on en est à citer l’apparenté de la Dame, rajoutons ex-femme de Rolf Biermann

:

Cela me fait penser aux petits amoureux de l’ami Georges qui se bécotent sur les bancs publics.

Et toujours en réponse, une photo trouvée sur la toile prise par un MySpacien

Paul-und-Paula-Bank an der Rummelsburger Bucht in Berlin

Juste une petite rectification ; le poëte liedermacher en question (que j’adore d’ailleurs) c’est Wolf Bierman.

================Un R au lieu du W, et je crains bien d’avoir fait l’(ho|e)rreur ailleurs. Merci du rectificatif, :blush: :blush: boire ou écrire,il faut choisir :wink: