rappel : La déclinaison du nom

La déclinaison du nom

Le nom allemand subit au cours de sa déclinaison des changements très limités en comparaison de langues anciennes telles le latin, de langues modernes telles la plupart des langues slaves ou, dans le domaine germanique ,l’islandais . L’essentiel des modifications d’un nom concerne le contraste entre le singulier et le pluriel (Mann, homme; Männer, hommes).
Note : Les modes de construction du pluriel sont divers et souvent imprévisibles, il convient d’apprendre, en même temps que le singulier d’un nom (et son genre), la forme de son pluriel.

Il existe néanmoins des éléments de déclinaison du nom: -(e)s ajouté aux noms masculins ou neutre singulier au génitif et -n qui doit obligatoirement terminer presque tous les noms au datif pluriel. Enfin, les noms masculins et neutres prenaient un -e au datif singulier, mais cette désinence est aujourd’hui désuette.
Note : cette terminaison se trouve encore dans de nombreux textes du XIXe et du début du XXe siècle, par exemple la devise au fronton du Bundestag à Berlin (ancien bâtiment du Reichstag): Dem deutschen Volke (Au peuple allemand). On la retrouve également dans un certain nombre d’expressions figées comme zu Hause (à la maison), in welchem Sinne (dans quel sens/acception), im Stande sein (être dans l’état, capable [de]), im Brandfalle (en cas d’incendie).

La plupart des noms se déclinent selon la déclinaison forte, tandis que quelques masculins peuvent se décliner selon la déclinaison faible. Les adjectifs substantivés (c’est-à-dire employés comme des noms) suivent, en général, la déclination de l’adjectif.

La déclinaison forte du substantif

La plupart des noms se déclinent selon ce modèle

Déclinaison forte du substantif

cas. / masculin. / féminin. / neutre. / pluriel
nominatif. / der Mann. / die Mutter. / das Kind. / die Leute
accusatif . / den Mann . / die Mutter. / das Kind. / die Leute
datif . / dem Mann(e) . / der Mutter. / dem Kind(e). / den Leuten
génitif . / des Mann(e)s. / der Mutter. / des Kindes. / der Leute

Note: der Mann = l’homme; die Mutter = la mère; das Kind = l’enfant; die Leute = les gens

Les mots admettant le pluriel d’origine étrangère en -s, en -ta ou en -i ne prennent pas le -n au datif pluriel.
den Autos (voitures)
den Kommata (virgules)

Génitif masculin singulier en -es ou en -s

Au génitif masculin et neutre singulier la désinence -es a tendance à disparaître au profit de -s, surtout pour les mots de plus d’une syllabe.

Font leur génitif en -s

Les polysyllabes en -er, -et, -el

Les sigles et les abréviations

Les noms terminés par une voyelle
das Dunkel/des Dunkels (l’obscurité)
der Maler/des Malers (le peintre)
der PKW/des PKWs (la voiture)
der Azubi/des Azubis (l’apprenti)

Font leur génitif en -es

Les noms en -ss, -tsch, -z, -x, -is, -ß, -z
Généralement les mots en -s
der Blitz/des Blitzes (l’éclair)
das Glas/des Glases (le verre)
der Bus/des Busses (le bus)
der Fluss/des Flusses (le fleuve, orthographe rénovée)
der Fuß/des Fusses (le pied, orthographe traditionnelle)
der Gruß/des Grußes (le salut)

Génitif singulier des noms propres

Les noms propres masculins et féminins prennent une flexion lorsqu’ils ne sont pas accompagnés d’un article. Leur génitif est en -(e)s. S’ils se terminent en -s ils peuvent être invariables ou prendre la terminaison -ens.
Annas Freund (le compagnon d’Anna)
Hansens Leben (la vie de Hans)
Kaas’ Idee (l’idée de Kaas)
die Hauptstadt Japans (la capitale du Japon)
Accompagnés d’un article, ils sont invariables.
das Leben des Galileo Galilei (la vie de Galilée)

La déclinaison faible du substantif

Elle concerne une centaine de nom masculins, qui désignent le plus souvent des êtres vivants (ici der Junge, le garçon). Le mot prend la flexion -(e)n à tous les cas sauf au nominatif singulier.

Déclinaison faible du substantif

cas. / singulier. / pluriel
nominatif . / der Junge. / die Jungen
accusatif . / den Jungen. / die Jungen
datif . / dem Jungen . / den Jungen
génitif . / des Jungen . / der Jungen

Remarque : Cette déclinaison est parfois appelée N-Deklination parce que la terminaison est -(e)n à tous les cas, sauf au nominatif singulier.
Sont concernés

Les noms de nationalité (et assimilés) en -e non dérivés d’un adjectif.
der Kroate/den, dem, des Kroaten (le Croate)
der Jude/den, dem, des Juden (le Juif)

Les Fremdwörter (mots d’origine étrangère) en -e ou possédant le suffixe -ist, -ent, -ant, -ast, -at, -ot, -path, -soph, -urg, -ut, -et, -eut, -ell, -ekt, -arch, -oge, -ik ou -isk, lorsqu’ils désignent un être vivant
der Student/den, dem, des Studenten (l’étudiant)
der Asylant/den, dem, des Asylanten (le demandeur d’asile)
der Kommunist/den, dem, des Kommunisten (le communiste)
der Kollege/den, dem, des Kollegen (le collègue)

Note : pour des objets, ces suffixes peuvent ou non entraîner le caractère masculin faible. des Geldautomaten (distributeur automatique) mais des Apparats (appareil).

Les mots de la liste suivante : Ahn(e) (aïeul), Bär (ours), Bauer (fermier), Bote (messager), Bub(e) (valet), Buhle (bien-aimé), Bürge (garant), Bursch(e) (le garçon), Christ (chrétien), Drache (dragon), Elf (elfe), Erbe (héritier), Falke (faucon), Fatzke (fat), Fürst (prince), Ganove (malfrat), Gatte (époux), Geck, le dandy, Gefährte (compagnon), Geselle (le compagnon), Götze (idole), Graf (comte), Greif (griffon), Fink (pinson), Halunke (fripon), Heide (païen), Held (héros), Herr (monsieur), Hirt(e) (berger), Hüne (géant), Husar (hussard), Insasse (détenu), Junge (garçon), Knabe (garçon), Knappe (écuyer), Kunde (client), Laie (laïque), Lakai (laquais), Leopard (léopard), Lotse (pilote), Löwe (lion), Lump (scélérat), Mensch (être humain), Matrose (le matelot), Mohr (maure), Nachbar (voisin), Nachkomme (descendant), Narr (bouffon), Neffe (neveu), Nomade (nomade), Oberst (colonel), Ochs (bœuf), Pate (le parrain), Pfaffe (cureton), Prinz (prince), Rabe (corbeau), Rappe (cheval noir), Recke (preux), Rekrut (recrue), Riese (le géant), Rüde (chien de chasse), Scherge (sbire), Schöffe (échevin), Schurke (crapule), Schütze (tireur), Spatz (moineau), Steinmetz (tailleur de pierre(s)), Tor (insensé), Vagabund (vagabond), Vasall (vassal), Vorfahr (ancêtre), Welfe (guelfe), Zar (tsar), Zeuge (le témoin)

Les Komposita (mots composés) formés à partir des précédents.
Bauer, Nachbar, Herr et les masculins faibles en -e prennent la flexion -n.

déclinaison des substantifs du type der Name

Une poignée de noms masculins ou neutres en -en on perdu le -(e)n au nominatif, de sorte qu’ils semblent prendre une flexion -(e)n à tous les cas, sauf au génitif singulier où la désinence est -(e)ns.

Déclinaison du type der Name

cas. / masculin. / neutre. / pluriel
nominatif . / der Name. / das Herz. / die Namen
accusatif . / den Namen. / das Herz. / die Namen
datif . / dem Namen . / dem Herzen. / den Namen
génitif . / des Namens . / des Herzens. / der Namen

Les noms concernés sont der Buchstabe (lettre), der Friede (paix), der Funke (étincelle), der Gedanke (pensée), der Glaube (croyance), der Haufe (amas), das Herz (cœur), der Name (nom), der Same (semence), der Wille (volonté), et les Komposita formés avec.
Note : en raison du -n à l’accusatif et au datif, on a tendance à confondre ces mots avec des masculins faibles. Il faut noter qu’ils prennent bien un -s au génitif singulier

Certains de ces mots existent également avec le -n au nominatif singulier et sont alors totalement réguliers.

Déclinaison des adjectifs substantivés

Ils se déclinent comme les adjectifs. Sont concernés les substantifs dérivant, d’adjectifs , de participes présents, de participes passés
viele Arbeitslose/alle Arbeitslosen (chômeur)
eine Auszubildende/ein Auszubildender (apprenti)
der Beamte/ein Beamter (fonctionnaire)

Se reporter à la section La déclinaison de l’adjectif ci-dessous.

Note : conjugués avec l’article der, ces adjectifs substantivés admettent les même flexions que les masculins faibles (-n) à tous les cas sauf au nominatif singulier. On a donc tendance à les confondre avec ces derniers.

D’anciens adjectifs substantivés sont lexicalisés , c’est-à-dire que leur origine adjectivale a été oubliée. Il se déclinent alors comme des noms. Sont concernés : der Junge (le garçon), das Dunkel (le noir), etc.
ein Junge (un jeune)
im Dunkeln (dans le noir)

Particularités

Christus (Christ), se décline à l’accusatif Christum (formel) ou Christus
au datif Christo (formel), Christi ou Christus, au génitif Christi.
Maria (la vierge Marie) devient Mariä au génitif,
Johannes (l’apôtre Jean) donne Johannis au génitif,
Christi Himmelfahrt (l’Ascension),
der Leib Christi (le corps du Christ),
vor Christi/Christo/Christus (avant Jésus-Christ)
die Offenbarung Johannis (l’Apocalypse)
Mariä Himmelfahrt (l’Assomption)
das Dunkel se décline parfois im Dunkeln au datif. La forme régulière est correcte.
der Erbauer n’est pas masculin faible bien que der Bauer le soit.
der Leutnant (le lieutenant) n’est pas masculin faible malgré son suffixe
Les mots en -mus, -os, et souvent ceux en -us, sont invariables au singulier.
der Fokus/des Fokus (la mise au point)
der Organismus/des Organismus (l’organisme)

Est-ce que j’ai mal regardé ou bien est-ce que le dernier neutre faible de l’histoire de la langue allemande manque bel et bien à l’appel ? :wink:

édité: il était perdu dans une liste de masculins du type Name :blush: Je laisse quand même ma remarque pour info:

das Herz
das Herz
dem Herzen
des Herzens

Pluriel : Herzen à tous les cas

Il faut préciser que l’appellation « faible » vient en fait de la classe consonnantique en -n. Les masculins faibles actuels ont des -n de partout sauf au Nom.Sing., mais historiquement, c’était la même chose pour les féminins qui ont maintenant un pluriel en -n. Et aussi les rares neutres au pluriel en -n (Auge, Pfau, Ohr, Staat) sont historiquement des neutres faibles.

L’augment -n- apparait selon les genres et les époques à tous les cas obliques, seulement au pluriel ou bien pluriel+génitif singulier avec le -s. Mais c’est une grande catégorie flexionnelle qui a été réduite aux masculins faibles par soucis pédagogique, en faisant du -n du pluriel une terminaison comme une autre, et des déclinaisons faibles nonconforme au standard « masculin faible » des catégories à part. Pédagogiquement, c’est très pratique - je suis d’accord sur ce point :laughing:

ben voilà :confused: :confused:

c’est quand je lis des trucs comme ça…que j’en perds mon latin… et que je me dis que mon allemand doit vraiment être nul !!! :confused:

j’ai fais 9 ans d’allemand… mais je deviens allergique quand je vois « Déclinaison Forte du substantif » (et tout ceux qui suivent derrière)…et je n’y pige plus rien :confused:

C’est un drame…
mais bon… le principal c’est que certains allemands arrivent à me comprendre (ceux qui s’en donnent la peine ! )

En tout cas, merci pour le cours de grammaire…

7 ans d’Allemand et toujours allergique aux déclinaisons :laughing:

Ce post m’a un peu éclairé, merci!

Je voulais savoir si « der Affe » faisait partie de « déclinaison faible du substantif »

[size=75]Déclinaison faible du substantif

cas. / singulier. / pluriel
nominatif . / der Junge. / die Jungen
accusatif . / den Jungen. / die Jungen
datif . / dem Jungen . / den Jungen
génitif . / des Jungen . / der Jungen

Remarque : Cette déclinaison est parfois appelée N-Deklination parce que la terminaison est -(e)n à tous les cas, sauf au nominatif singulier. [/size]

Il fait partie de ce « groupe »?

Oui, il en fait partie.

Merci :slight_smile:
Je crois que les déclinaisons je les comprendrai jamais

:open_mouth:
une nouveauté à apprendre :smiley: !! ça fait 6 ans qu’on me cache ça!
ça me fait penser aux belles années de latin, avec toutes les règles tordues à apprendre, malheureusement, l’administration m’a obligé à arrêter le latin…
Il y a d’autres choses de la sorte à savoir?

ça fait plaisir de voir que je ne suis pas la seule a ne pas avoir totalement intégré les déclinaisons :stuck_out_tongue:
Je crois que niveau déclinaison c’était moins dur en Latin → amicus, amico, amicum… oula je m’en souviens plus :laughing:

Ce dont j’ai énormément de mal, ce sont les masculins faibles… der Affe je l’ai retenu parce que j’avais sortit « des Affes » et le prof c’était moqué de moi (vilain :cry: )

Ne vous inquiétez pas les amis, pour moi c’était pareil (illumination en classe de première), et pour beaucoup d’autres gens à qui j’en ai parlé. Je ne sais pas si c’est la faute au système éducatif français, manifestement on a peur de faire peur aux élèves en leur expliquant les déclinaisons, alors que tout n’irait pas mieux si on nous expliquait les choses simplement et logiquement au lieu de nous laisser nager dans le flou pendant des années ?

Qu’elle source d’infos incroyable!!!
J’ai quand même une tite question : Est ce que l’emploie d’une conjonction peut entrainer un genre différent de celui que l’on est sensé utiliser en temps normal??

D’abord, qu’est-ce que tu appelles conjonction exactement ? Les prépositions, oui elles changent le cas du substantif qui les suit, mais les conjonctions, elles n’ont aucun rapport avec les substantifs, donc elles n’ont aucune raison d’avoir une influence sur les substantifs. :wink:

Bouge pas je vais vomir je reviens :laughing:

:astonished: Pardon :question: :question: :question:

je voulais dire que je n’avais pas compris un seul mot de ton explication :laughing:
Oui bon c’est avec mes mots a moi mais bon … :wink:

pour moi… Les déclinaisons allemandes… c’est du latin !! :laughing: :laughing: :laughing:

ceci dit… Je suis bien contente de voir que je ne suis pas la seule à avoir eu du mal à piger les déclinaisons :wink:

Je pense (du moins pour mon cas) qu’au niveau scolaire (allemand LV1 en 1984… je crois ! ) … la prof d’allemand n’a pas assez insisté sur 'l’article devant le nom"… … Je m’explique par un exemple… en vocabulaire… il aurait fallu que j’apprenne « LA voiture = DER WAGEN »… or j’ai appris « Voiture = Wagen » en omettant l’article… car dans mon esprit de LV1 qui découvre une langue étrangère… je pensais que ce qui était féminin en français, l’était en allemand, en anglais ou en chinois !!! résultat des courses… tu ne piges pas après pourquoi par moment on trouve "Der Wagen " et à d’autre « Den Wagen »… mais c’est trop tard… et on fait un blocage…

il y avait sans doute à ce moment là un manque d’explication d’une langue étrangère…

mais je constate qu’à priori (à voir les « jeunes » sur ce site)… que ce manque d’explication existe toujours… c’est bien dommage…:wink:

:stuck_out_tongue:

Bon, de toute façon, tout ce que vous dites me conforte dans mon idée : les Français ne comprennent rien à la grammaire allemande parce qu’ils ne comprennent rien à la grammaire française !

Les grammaire allemande, ça n’a rien de sorcier (c’est même la plus simple que je connaisse), mais il faut savoir ce que sont une proposition, une préposition, un complément d’objet, un attribut, une subordonnée, etc. Sans quoi, n’importe quelle explication tombe dans le vide. Chaque catégorie grammaticale a son fonctionnement qu’il suffit d’apprendre pour qu’il n’y ait aucun problème. Mais si vous ne savez même pas distinguer les catégories grammaticales en français, comment peut-on vous demander de le faire en allemand ?

donc, si on reprend :

conjonction :

Bon, celles-là vous vous en souvenez quand même, vous les avez assez rabâchées : mais-ou-et-donc-or-ni-car

Par exemple : que, qui, dont, parce que, étant donné que, avant que, etc.
Bref, tout ce qui introduit une proposition subordonnée ! c’est important de le savoir puisqu’en allemand, toutes les subordonnées ont le verbe à la fin. D’où l’utilité de savoir reconnaître une subordonnée et une conjonction de subordination.

Maintenant, la préposition :

dit en d’autres termes : c’est un mot invariable qui se place devant un substantif, le lie à un autre élément de la phrase en qualifiant la nature de ce lien.
Ils donnent même une liste, je ne sais pas si elle est exhaustive :

Une conjonction, elle n’est pas liée à un substantif en particulier. Elle peut être liée à des groupes de mots ou à des propositions entières. Si elle n’est pas liée à un substantif, elle ne peut donc pas influencer la déclinaison de ce substantif.

La préposition en revanche, est entièrement dépendante du substantif. Une préposition ne peut pas exister sans substantif, elle est obligatoirement suivie d’un substantif. Et là, effectivement, dans les langues déclinées, les prépositions influent sur la déclinaison des substantifs. On dit que chaque préposition régit un cas. En allemand, les prépositions régissent principalement l’accusatif et le datif, pour quelques rares prépositions le génitif. Jamais le nominatif. C’est ça que vous avez tous appris par listes « aufbeimitseitnachvonzu + D ». Voilà, en langage savant, on dit « ces prépositions régissent le datif ».

Est-ce plus clair ?