Selection allemande à la Mostra de Venise 2013

et le lauréat est : « La femme du policier/Die Frau des Polizisten »…

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(extrait du Figaro du 3/9) La Femme du policier, de l’Allemand Philippe Gröning, montre d’abord une famille ordinaire. Une maison confortable dans une petite ville, un jeune couple qui semble bien accordé, une jolie petite fille blonde que sa mère entoure d’une grande attention. Elle ne travaille pas. Lui est officier de police. Peu à peu, des fissures apparaissent dans cette façade lisse, des ecchymoses sur le dos de la jeune femme, l’anxiété de la petite fille qui ne peut pas dormir. On se demande souvent, quand on entend parler de femmes battues (ou d’hommes battus), pourquoi les victimes ne quittent pas le conjoint qui les brutalise. Le film de Philippe Gröning, sans donner d’explication, multiplie les approches de cette énigme relationnelle à travers des scènes fragmentées qui forment une sorte de pêle-mêle de tendresse, de désir, de violence, de peur, de culpabilité, de dépendance. Le film dit des choses fortes et profondes sur l’amour et ses névroses. Dommage que le talent du metteur en scène (réalisateur du documentaire Le Grand Silence, sur les chartreux) soit gâché par une longueur excessive et un découpage en 60 chapitres vite irritant: faut-il vraiment annoncer sur fond noir, à chaque scène, «début du chapitre 1», «fin du chapitre 1» «début du chapitre 2», etc. Rien de mieux pour plomber un film déjà suffisamment lourd.