« Vorbehaltsfilme » ; il s’agit d’un néologisme créé au sortir de la 2nde guerre mondiale .
Wiktionary nous en donne la définition suivante :
« film dont la diffusion , en raison de leur contenu faisant l’apologie de la guerre , ayant un contenu raciste ou incitant à la haine raciale ne peut être autorisé que de façon « encadrée ». »
On se retrouve un peu dans le même problème que pour la parution du « Mein Kampf » d’Hitler.
Explication ; entre 1939 et 1945 , 1240 films ont été tournés en Allemagne , parmi eux , quelques films de propagande nazi.
A la fin de la guerre , les allés ont établi une classification ;
Les films appartenant à la catégorie A ; pouvant être vus de tout le monde,
ceux de la catégorie B , visibles moyennant certaines coupures , et
ceux de la catégorie C (films de propagande avec contenu délibérément raciste , antisémite , faisant l’apologie de la violence , du militarisme faisant appel à l’esprit de revanche.)Ils sont restés , de longues années dans la « Giftschrank = l’armoire au poisons. »
Après la fin de la guerre , ils étaient environ 200 à faire partie de la catégorie C.
Aujourd’hui , wiki en recense 46.
de.wikipedia.org/wiki/Vorbehaltsfilm
Ces films sont accessibles , mais , sous certaines conditions après un entretien…et pas aux militants de l’extrème-droite.
Une fois par mois , des spécialistes montrent ces films à des lycéens de la 9ème classe. Un débat a lieu , suite à la projection.
Un documentaire intitulé « Verbotene Filme » a été réalisé sur ce sujet.
youtube.com/watch?v=hxEAc1Yyr1o ( bande annonce.)
La grande question est ; peut-on montrer ces films aujourd’hui à tous les publics ?
welt.de/kultur/history/artic … ilmen.html
Peut on montrer ces films à tous les publics ? Il faut encore trouver du public intéressé …
D’abord parce que les films en noir et blanc, avec la mise en scène à l’ancienne, avec des thèmes sociétaux de 1933 / 1945,
çà intéresse peu de monde. Et puis la qualité des bandes …
J’ai vu des films qui ne sont pas sur la liste mais qui étaient sans doute.
Dans le genre j’ai regardé le « Triumph des Willens » de Leni Riefenstahl … une vitrine du cinéma autorisé,
réputé pour son esthétisme, son mysticisme, sa propagande, son génie.
Pour moi : non merci, c’est indigeste.
J’ai vu aussi le « Kolberg » de Veit Harlan, qui est un vrai film, et même subtil et avec de bons comédiens.
Mais cette histoire des habitants de Kolberg qui résistent à Napoléon en espérant que les allemands de 1945 y verront un appel à résister aux russes …
c’est cousu de fil blanc, cela se regarde avec un oeil curieux mais pas vraiment intéressé.
Quand à mettre des écoliers devant ces films … les barber pour les mobiliser ?
Je ne sais pas , mais je constate l’intro de l’article de « die Welt » :
« L’interêt pour ces films est grand. » Ce n’est pas moi qui le dis.
EDIT ; j’ai eu , perso , l’occasion de visionner l’infame « Jud Süss ».Dommage qu’un type comme Harlan , qui savait filmer, ait mis son savoir au service d’une idéologie aussi haïssable.
Parce que cette idéologie demandait justement des gens qui savaient filmer, pour avoir un meilleur impact et un alibi artistique. Ce qui apportait quand même une certaine esthétique, sur le plan technique.
C’est là tout le drame du cinéma allemand de cette époque. Comme dans la littérature, la plupart des réalisateurs et des acteurs va émigrer, pour des raisons évidentes, et ceux qui restent devront plus ou moins composer pour subsister.