Tout le monde, en Autriche montagneuse, a sa recette maison!
Certains l’aiment plus « bétonné », certains l’aiment plus « mousseux » (moi, c’est du brutal, et je le fais flamber, c’est dire… Et de plus, je ne le fais pas au four, mais directement dans la poêle. Le four, c’est si on veut avoir une pâte bien levée, mais c’est pas le genre de la maison, moi j’ai toujours été pour la cuisine rapide).
Petite précision en marge: Le « Kaiser » n’a rien à voir avec un empereur (là t’es feinté, m’sieur Reverso! ). C’est la déformation de « Käser », le vacher qui faisait du fromage avec le lait de ses vaches dans son chalet d’alpage, et qui se nourrissait de ce plat consistant et facile à préparer dans la solitude des hauteurs (Schmarrn peut être pris au sens de « gâchis »).
Lors de mon premier séjour scolaire en Allemagne, je n’avais (évidemment) pas touché la charcuterie au petit déj. et encore moins le fromage double gras en plastique. Perplexité de la famille d’accueil pendant deux jours. Mais idée de génie le troisième matin: Kaiserschmarrn aux pommes de saison. Succès ééééééééééééééééééééééénorme. On a finit la semaine au Kaiserschmarrn, une bonne poëlée à moi tout seul. Les amandes émondées étaient en option sur la table, dans une coupelle.
Ahh, j’y ai déjà gouté ! Il y avait un jeu dans mon université où l’on a dû cuisiné un repas représentant notre pays et les garçons allemands de l’unniversité ont cuisiné ce plat… C’était assez drôle de les voir aux fourneaux d’ailleurs… J’ai trouvé ça très sucré, pensez-vous que ce plat soit vraiment représentatif de la cuisine allemande ??
Ah il faut ajouter qu’il fallait cuisiner pour pas cher et faire quelque chose assez rapidement…
Si l’on considère l’Allemagne au sens de la « petite Allemagne » bismarckienne, non.
Le Kaiserschmarrn, c’est autrichien. Point. Evidemment, si certains amateurs retour d’après-ski outre-Kufstein ont rapporté la recette, libre à eux de le proposer comme un plat national aux étrangers pas trop au courant, surtout que c’est vite préparé! Mais ce n’est absolument pas représentatif de l’Allemagne dans son appellation restreinte et actuelle. Pour manger ça, il faut avoir passé toute une journée au grand air, et s’être bien dépensé. Sinon, ça se paie cher! …
Haha, je vois ! En fait il y avait un allemand qui étudie en Autriche (et grand fan de snowboard) dans le tas, donc cette idée a surement due venir de lui !
Les plats étaient destinés à des japonais, et donc tous ont pensé que c’était un plat typique du pays !
C’est assez drôle de se rendre compte qu’en fait c’est autrichien. Ils nous ont bien eu !!
Je réagis 6 mois après à ce post d’andergassen et principalement à l’étymologie du « Kaiser » de « Kaiserschmaren » « Kâseschmaren ».
En Alsace, dans les Hautes-Vosges (Vallée de Munster), il existe ce qu’on appelle les « marcaires ». Ce mot français régional viendrait, selon les linguistes, de « malker », cf « melker », dérivé du verbe melken= traire. Cette corporation aux coutumes bien établies, trait les vaches,en montagne, pour faire bien sûr du fromage à partir de leur lait.
Il existe toute une tradition de « cuisine marcaire », une cuisine simple, de gens simples , à partir de produits de la nature. De nombreuses fermes-auberges défendent avec succès cette tradition d’une cuisine simple, naturelle et locale. Je pense que le rapprochement avec les « Käser » méritait d’être fait.(Même avec 6 mois de retard! )